Rééducation du syndrome douloureux régional complexe

INTERVENANT : CLAUDE LE LARDIC- MKDE

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PRÉSENTATION

Pré-requis : Diplôme d’état  de masseur kinésithérapeute inscrit au conseil de l’ordre ,

Pré-acquis : connaissances de base :  anatomie, physiologie, anatomie  palpatoire de la partie traitée lors de cette formation

L’objet de cette formation est d’apprendre la physiopathologie des symptômes de l’algodystrophie, de mesurer les incapacités fonctionnelles, de choisir les traitements les mieux adaptés et de pouvoir les appliquer à bon escient.

Un consensus existe pour reconnaître la nécessité de la rééducation fonctionnelle pour les personnes souffrant d’un SDRC [1]. Le rééducateur doit par des moyens techniques appropriés
conserver ou restaurer la fonction.
Un bilan précis et spécifique au SDRC est indispensable pour prendre des décisions thérapeutiques et pour évoquer un pronostic. Ces bilans seront répétés pour adapter la rééducation
au cours de l’évolution du syndrome.
Il existe plusieurs protocoles de rééducation pour le SDRC avec de grandes variabilités dans leur application. Les nombreuses techniques sont appliquées au cas par cas et remises en cause à
chaque bilan. Le rééducateur doit agir sur deux tableaux : lutte contre l’exclusion du membre et mobilisation segmentaire. L’assouplissement articulaire est nécessaire à la fonction, La fonction
améliore l’assouplissement articulaire.
Pendant la période douloureuse, des techniques de neurostimulation permettront de lutter contre l’exclusion cérébrale du membre.
La mobilisation segmentaire et articulaire se fera dans les périodes moins algiques.

Objectifs :

– Comprendre le SDRC,
•La physiologie de la douleur, la physiopathologie du SDRC
-Connaître les traitements médicaux, cognitifs, physiques et physiothérapiques actuels
-Évaluer l’incapacité fonctionnelle du patient SDRC, acquérir les bilans spécifiques
•Évaluer la douleur
•Évaluer les troubles fonctionnels
•Évaluer les retentissements psychologiques
•Mesurer l’impact socio-professionnel
-Diminuer le cout économique de la pathologie grâce à des soins adaptés permettant de recouvrer plus rapidement l’autonomie, voire la guérison. Connaître la place de la rééducation dans la chaîne des soins du SDRC et communiquer avec les autres soignants (réseau coordonné) (fiche de cadrage 213)
•Faire le diagnostic kinésithérapique du SDRC
•Acquérir un savoir-faire pour les soins de rééducation :
•Rechercher les techniques de rééducation les plus adaptées au SDRC
•Choisir des techniques (par le diagnostic kinésithérapique)
•Mettre en place le traitement
•Partager les connaissances (avis des experts, les protocoles)

Méthodes pédagogiques et modalités d'évaluation :

 

Pour une meilleure transférabilité des apprentissages : mise en place d’une méthode pédagogique de

type cognitive et d’analyse des pratiques avec par exemple analyse de cas cliniques.

Alternance de théorie et pratique, et vidéo projection.

Echanges formatifs continus ; contrôle et correction permanente des pratiques par le formateur, travail en binôme

Remise du cours et de la bibliographie sur support électronique

  • Projection Power Point, films, schémas sur Paper Board
  • Mallette pour bilans kinésithérapiques
  • Malette pour évaluation de la sensibilité
  • Pratique avec miroir, appareil de vibration, appareil d’électrothérapie
  • Pratique des mobilisations manuelles sur table
Contenu de la formation de base :

La prise en charge rééducative du patient présentant un SDRC doit se faire le plus rapidement possible. Le rôle du rééducateur est de conserver ou de retrouver la fonction par la
mobilisation. Plusieurs techniques sont applicables, mais aucun protocole ne prouve sa supériorité. Il faut savoir faire un choix de traitement adapté au patient et à la phase du syndrome. Les bilans spécifiques permettent de choisir les techniques appropriées. Pour cela il faut les connaître et les maîtriser.

Il appartient au rééducateur lors d’un traitement d’une pathologie de déceler la survenue d’une algodystrophie et de ré-adresser le patient au médecin prescripteur. La poursuite des soins
pour la pathologie initiale n’est plus licite, une nouvelle prescription distincte est nécessaire pour prendre en charge le patient douloureux.
Il y a eu une période où la kinésithérapie a été mise en cause dans la survenue du SDRC. Puis l’algodystrophie a été considérée comme un échec soit d’un traitement chirurgical, soit d’une
immobilisation mal faite, ou d’une mal observance d’un traitement. Pour se déculpabiliser chaque soignant rejetait la faute sur un mauvais traitement fait par un autre intervenant. Le patient, lui,
accusait toujours le traitement initial, en l’occurrence souvent la chirurgie s’il y en avait eu une.
Puis, chaque praticien, prenant conscience et améliorant ses techniques, a rejeté la « faute »sur le malade. La personne « mal dans sa peau » créerait le dysfonctionnement, voire l’empirerait. Le
patient, à qui on annonce un SDRC en lui disant que l’on n’en connait pas exactement les causes,que l’on ne maîtrise pas l’évolution du syndrome, qu’il n’y pas de traitement approprié et que cela va durer très longtemps, perd toute confiance. De plus son entourage le persuade que s’il se plaignait moins tout irait mieux. Les soignants, l’entourage et le malade lui-même finissaient par convenir que c’était un dysfonctionnement d’ordre psychologique [2]!
Actuellement on s’oriente vers un dysfonctionnement du système nerveux central avec des manifestations périphériques [3].
Le coût socio-financier est très important : arrêt d’activité prolongé, soins longs et séquelles importantes. Des progrès se font dans les soins du SDRC, des unités spécialisées contre la douleur se
développent. Les ergothérapeutes, et certains kinésithérapeutes se forment à la rééducation des patients douloureux.
L’évolution se fait surtout vers les techniques de stimulations cognitives : Mirror therapy,stimulations vibratiles, rééducation par la reconnaissance du schéma corporel par l’intermédiaire de
stimulations visuelles, hypnose, travail stimulant en groupe par la gestuelle de la langue dessignes, et autres …
Comment faire le choix parmi les nombreuses techniques ? Seul des bilans spécifiques peuvent orienter le rééducateur en tenant compte du stade de l’algodystrophie :
Il y a trois phases décrites dans le SDRC :
La phase chaude : Période pendant laquelle la douleur est la cause de l’invalidité. La douleur empêche la fonction et crée l’exclusion du membre.
La phase froide : période de rétraction capsulaire maximale.
La phase des séquelles : il n’y a plus de douleur mais les raideurs articulaires, la dystrophie
musculaire et les troubles sensitifs, créent une invalidité plus ou moins importante.

Programme :
Premier jour : 9h00-12h30 et 13h30-17h00

QCM, mise en situation patientèle, pratique de la technique, bilan d’un patient : autant d’exercices de contrôle qui vont  servir à faire «  vivre » la formation en  adaptant  le rythme et les méthodes pédagogiques.

Des techniques d’animation et de dynamique de groupe, des tests questionnaires de connaissance, de la pratique kinésithérapique sous un contrôle permanent de l’intervenant,  vont jalonner le déroulement de la formation et servir à évaluer les acquis des apprenants.

La formalisation des résultats sera concrétisée par une attestation de validation des acquis, certification de fin de stage.Matin

Analyse des pratiques professionnelles et tour de table :   Identifier les compétences à développer. Définir les besoins et attentes des participants en termes de formation

Théorie
1h
Historique du SDRC
Définition de la douleur (IASP) (fiche de cadrage 32) définition du SDRC
Épidémiologie et Étiologie
Les traitements médicaux et la place de la rééducation
Questions
2h
Rappels anatomo-physiologiques du système neuro-végétatif
Physiologie de la douleur
Physiopathologie du SDRC de type I et II
Symptomatologie du SDRC`
Questions
Après midi
Théorie
1h
Les différentes phases du SDRC
2h
Bilans : de la douleur, de la trophicité, de la sensibilité, de la mobilité et de la fonction

1h
Les différents traitements appliqués
Éducation thérapeutique (fiche de cadrage 33) pour le SDRC

L’objectif de la 2ème journée est de choisir les techniques de rééducation nécessaires en
fonction de la gravité des différents symptômes, de les appliquer au bon moment, de doser
leur application. D’apprendre en pratique la rééducation cognitive et de maîtriser les
traitements physiothérapiques.
Deuxième jour : 9h00-12h30 et 13h30-17h00
Matin
Théorie
+ ou – 10 mn : Questionnement sur la journée précédente
1h
Les moyens techniques spécifiques pour le traitement des symptômes : douleur,
raideur, exclusion
Échange des connaissances avec le groupe
2h
La rééducation cognitive
Les massages
Les mobilisations adaptées en phase aiguë et en phase froide
1h
La physiothérapie
Les orthèses
Les différents protocoles de rééducation
Échange des pratiques avec le groupe
Après-midi

Ateliers pratiques
1h
Mise en situation pratique
1h
Techniques du miroir, les vibrations, l’électrothérapie
1h
Partage et étude de cas
Évaluation du stage

Evaluation de l’impact de la formation et bilan des pratiques acquises lors de la formation

COUT DE LA FORMATION

prise en charge DPC

sous réserve d’agrément ou de modifications des prises en charge des autorités concernées

Clôture des inscriptions 3 semaines avant le début de la formation.

DATES ET LIEU
12 et 13 juin  2020 à Pontivy

Horaires habituels (9h -12h30/14h-17h30)

Nombre de participants acceptés
Minimum : 10 participants
Maximum : 20 participants

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